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Mon premier métier, que j'ai pratiqué durant cinq années, consistait à enseigner la philosophie. Ou plutôt à enseigner un programme qui était donné pour de la philosophie. J'ai aimé l'enseignement (activité que je poursuis sous d'autres formes), j'ai apprécié mes élèves, j'ai beaucoup moins aimé la perspective d'être enfermé dans un moule durant quarante années (d'où une démission tranquille), et je n'ai pas aimé du tout la prétention des recommandations officielles qui me sommaient, en quelques mois, de tout parcourir, depuis les présocratiques jusqu'à Husserl (inclus).
Au fond, que ce soit comme élève ou comme professeur, j'ai toujours goûté l'instruction et peu la manière dont celle-ci était orchestrée. Sans doute est-ce la raison pour laquelle je n'ai jamais déserté ce terrain, poussant même l'obstination jusqu'à recommencer, vingt ans plus tard, la même enquête.
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